Du texte à l'image

Publié le par maryamchawki

L’écrivain Michel Butor a une relation très forte avec les œuvres d’art, que ça soit littérature, peinture ou musique. La modification de Michel Butor est une œuvre très riche en références à l’art comme les tableaux de célèbres peintres qui illustrent plusieurs périodes de la civilisation humaine et aussi les livres comme l’Enéide de Virgile.

Cette richesse en matières d’œuvres d’art et en références mythologiques ajoute une certaine originalité à l’œuvre, les images ajoutent un autre goût au texte qui attire le lecteur et le plongent dans un monde imaginaire.

Michel Butor dans cette œuvre, commence par évoquer le tableau du jugement dernier de Michel Ange qui est peint sur le mur de l'autel de la chapelle Sixtine au Vatican sur commande du pape Clément VII. Ce tableau illustre la scène du jugement dernier, c’est un tableau riche représentant le Christ levant sa main en signe de salut des anges et des gens qui sont autour de lui le jour du jugement dernier. L’évocation de ce tableau est faite lorsque Léon se rappelle de la visite qu’il a fait  en compagnie de Cécile à la Chapelle Sixtine, lorsque Cécile ; p 172  du roman ;  lui dit : « -Lesquels si nous enlevons et nous l’enlevons, tes prophètes, tes sibylles, ton jugement, ta création ? » 

            Dans la modification, Butor a exploité le thème de la descente aux enfers d’Enée qui figure au sixième chant dans l’Enéide de Virgile pour le mettre en relation avec la descente psychique aux enfers du héros de son roman Léon Delmont, qui va prendre conscience durant ce voyage de Paris à Rome, et va renoncer à son projet de ramener Cécile pour vivre avec lui à Paris. L’Enéide est évoquée pour la première fois dans ce roman à la page 82 comme simple livre dans la bibliothèque de Léon « Vous avez choisi le premier tome de l’Enéide dans la collection Guillaume Budé et vous l’avez ouvert au début du sixième chant », par la suite le texte de l’Enéide va être exploité dans le troisième chapitre de la modification.

Le chant VI qui constitue en quelque sorte un voyage initiatique, raconte la descente aux Enfers d’Enée pour trouver Anchise, , où il est mené par la sibylle de Cumes, découvre le pays des morts, mais également ses propres descendants. La sibylle de Cumes est citée dans la modification. La sibylle est définit comme étant un être humain élevé à une dimension surnaturelle supposé chargé par les dieux de transmettre des oracles aux hommes. Léon va lui aussi faire une descente aux enfers, mais qui est un peu différente de la descente d’Enée, cette descente va changer son projet de ramener Cécile à Paris. La rencontre de Léon avec la sibylle dans sa grotte s’est effectuée durant son rêve, le passage p215 cite « Pourquoi ne me parles tu pas ? T’imagines-tu que je ne sais pas que toi aussi tu vas à la recherche de ton père … Je ne veux rien sibylle, je ne veux que sortir de là, rentrer chez moi, reprendre le chemin que j’avais commencé », dans ce passage Léon est en dialogue avec la sibylle, il lui dit qu’il veut juste descendre aux enfers pour rentrer chez sa famille mais il est un peu perdu, elle lui parle d’un guide bleu des égarés qui peut l’aider mais il ne peut pas lire les consignes du guide, il demande le rameau d’or comme celui que Enée avait dans sa descente mais elle lui dit que ce n’est pas pour lui et elle lui donne 2 gâteaux brûlés au four. Cette descente aux enfers pour Léon n’est pas faite dans le but de retrouver ses racines mais pour se rappeler de certains événements passés qui lui feront changer d’avis pour retourner vers sa famille.

Chaque fois que Léon aperçoit la fumée il entre dans la peau du personnage de rêve, ce personnage est la conscience intérieure qui se réveille au fur et à mesure de la descente pour changer l’avis de Léon.

Le deuxième personnage mythique évoqué est l’homme à la barque appelé Charon dans l’Enéide, il est le gardien de la porte de l’enfer et il a pour rôle de faire passer sur sa barque, moyennant un péage, les ombres errantes des défunts à travers le fleuve Achéron  vers le séjour des morts. Dans la modification, Charon est nommé l’homme à la barque, dans le passage p 220  Léon va rencontrer l’homme à la barque qui va l’emmener à l’autre rive« Alors vient sur le fleuve boueux tourbillonnant une barque sans voile avec un vieillard debout armé d’une rame », dans la page 223 le vous devient il, Léon s’imagine dans la barque qu’on peut interpréter comme étant le compartiment du train« Il serrait  toujours dans ses mains les deux gâteaux marqués de paumes d’huile noire et de gouttes  de sang ».

Léon rêve de sa descente aux enfers et tient toujours les gâteaux dans sa main, le sang symbolise la douleur qu’il éprouve et la prise de conscience qui a surgit durant  le voyage, le sang symbolise aussi le sacrifice ; Leon va sacrifier son amour pour Cécile pour retourner près d’Henriette.

Michel Butor a bien exploité ces images mythologiques au sein de son texte pour l’enrichir et pour pousser le lecteur à aimer l’œuvre. L’évocation de ces références mythologiques a poussé Léon à modifier son projet de ramener Cécile à Paris.  Un texte réfère toujours à une image déjà conçue et connue par le lecteur, aussi le texte aide à concevoir une image mentale d’une scène.


 

Charon sur sa barque                                       La sibylle de cumes

Publié dans chawkisafiote

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Commenter cet article

llcf 2 07/06/2007 20:49

LLCF ,tu es pitoyabale et tu me fais rire. !!!!!!!!!!!!!!!!!
n'importe quoi , je crois que c'est toi qui a besoin d'ine ijjection double ,une contre la lacheté ,l'autre contre la jalousie.
le pauvre ,sois indifférent aux autres comme ils le sont envers toi .
 

anouar 21/05/2007 22:20

Bonjour
très bon travail

llcf 20/05/2007 15:23

Madiha est également contaminée par la maladie du copier coller que Noura.
faites leur une injection.

LLCF 18/05/2007 17:43

ton travail est bien fait c'est pas comme NOURA  qui fait du copier coller