Communication interculturelle

Publié le par maryamchawki

Entretien avec une personne ayant des différences culturelles.

Comparaison entre la culture d’un villageois et ce qu’il pense de la culture et du mode de vie des citadins

Nom de la personne : Mohamed ElFatni  45 ans

Métier : cultivateur

Adresse : Douar Ftinate Commune rurale de Khmiss Nega

            On a posé une multitude de questions à monsieur Mohamed ElFatni pour éclaircir un peu les différences apparentes entre la culture des villageois et la culture citadine. On veut montrer ce qu’il trouve comme différences culturelles entre lui et nous.

1-      Monsieur Mohamed ElFatni, visitez vous souvent la ville et dans quel but ?

Je visite la ville de temps en temps pour voir mon frère, pour me rendre au médecin moi ou un des membres de ma famille ou bien pour aller au tribunal pour savoir où en est le procès que j’ai contre mon cousin à propos d’une ancienne dispute sur un terrain. Mais j’ai toujours hâte de rentrer chez moi, je ne passe pas plus de 2 jours en ville sauf si c’est très important.

2-Pourquoi ? N’aimez vous pas la ville ?

Il n’y a rien à voir entre la ville et mon bled, l’air pur, la verdure et le calme. En ville tout le monde souffre d’allergie ou d’asthme. Ils construisent des maisons étroites comme des prisons, mon frère m’a emmené avec lui chez son ami qui habite ces bâtiments hauts que vous appelez des immeubles, je ne sais pas comment les gens peuvent supporter de vivre perchés ainsi. Mon poulailler est plus grand que ces appartements. En plus en ville il y a beaucoup de circulation et beaucoup de bruit. En plus le coût de la vie est cher en ville.

3-Vous avez des enfants qui vont à l’école ?

J’ai quatre garçons et trois filles, les deux premiers garçons ne sont jamais allé à l’école car je n’avais pas de quoi payer leurs fourniture scolaire, ils m’aident dans le champ et leurs autres frères leurs apprennent à lire et à écrire car ils vont à l’école. Les deux filles ont étudié jusqu’à obtention du certificat d’études primaires et puis elle n’ont pas continués leurs études car elles ont grandies, et les trois autres étudient à l’école primaire qui est située à 3km du douar.

4-Que signifiez vous par la phrase « Mes filles ont grandies » ?

(Il répond après hésitation) ça veut dire qu’elles n’ont plus l’age d’aller à l’école et se rencontrer avec des inconnus dieu seul sait ce qui peut arriver. Chez nous il est de coutume d’interdire aux filles de douze ans et plus et qui jeûnent de sortir beaucoup parce qu’elles sont menacées par les yeux des perfides.

Et qu’est ce qu’elles veulent de plus ? Elles ont l’avantage de savoir écrire leurs noms et de lire, elles ont plus de chance que leurs mères.

En ville j’ai vu des filles qui n’ont pas de pudeur, qui sortent presque nues, maquillés, avec des cheveux non couverts et qui parlent à des étrangers ou bien celles qui sortent avec des garçons ça c’est hchouma, c’est contre nos coutumes islamiques et ça n’existe pas dieu merci chez nous. Nous éduquons bien nos filles, les gens en villes ne surveillent pas leurs filles et les laissent faire ce qu’elles veulent. Pour mes filles je ne peux pas les envoyer continuer leurs études au village qui est situé à 30km de nous car je ne pourrai pas les surveiller, il vaut mieux qu’elles restent ici pour apprendre comment faire les travaux ménagers pour se préparer à la vie familiale qui les attends après le mariage car les hommes ici ont besoin d’une bonne femme au foyer et non d’une femme qui ne sait que lire et écrire.

5-Votre femme peut aller toute seule à la ville ou au souk ?

Chez nous la femme marié ne va jamais au souk tant qu’elle a un mari qui assume ses besoins sauf si son mari est mort ou qu’il est en voyage et c’est rare qu’une femme se rend au souk car dans la majorité des cas c’est l’un de ses enfants ou un membre de la famille qui va au souk pour lui apporter ce dont elle a besoin. Le souk est le domaine des hommes.

Ma femme ne va jamais toute seule à la ville, elle vient avec moi et on est allé ensemble que deux fois pour voir le médecin.

6-Que pensez vous des citadins ?

Les citadins ne sont pas comme nous, ils sont toujours pressés comme s’ils étaient poursuivis par le feu. Ils sont moins chaleureux que nous : Si tu veux rendre visite à l’un d’eux tu dois d’abord prendre un rendez-vous comme on fait pour le docteur en l’appelant au téléphone et s’il t’arrive de visiter quelqu’un à l’improviste soit il ne t’ouvre pas la porte soit il t’accueille froidement et il attend avec impatience ton départ. Chez nous c’est différent tout le monde est le bienvenu à n’importe quel moment de la journée.

Un bon nombre de jeunes citadins sont mal éduqués, ils s’insultent entre eux par des termes vulgaires qui touchent à la pudeur et font des gestes incommodes et ceci devant tout le monde sans se soucier de gens qui les entourent. Ils ne sont pas bien éduqués par leurs parents et ils ont besoin d’une bonne correction.

7-Que pensez vous du travail de la femme ?    

La place de la femme est dans sa maison pour s’occuper de son mari et de ses enfants ainsi que quelques travaux dans la ferme. Les femmes qui travaillent me font pitié, elles n’ont pas beaucoup de temps à consacrer pour leurs enfants et leurs maris de plus qu’elles sont toujours confrontées à des hommes qui parfois ne les respectent pas. Elles disent qu’elles gagnent de l’argent et qu’elles aident leurs maris pour affronter les besoins de la vie mais c’est le mari qui doit s’occuper de sa femme pour que rien ne lui manque. En ville j’ai vu des femmes factrices et agents de police, se sont des métiers pour hommes moi je n’accepterai jamais que ma femme travaille dans la rue ou la nuit. Et le pire c’est quand j’ai vu des femmes qui travaillent comme serveuses dans des cafés et ça c’est vraiment honteux.

8-Que pensez vous des cultivateurs qui vendent tous leurs biens pour aller chercher du travail en ville ?

Ce sont des fous qui ne connaissent pas la valeur de la terre. Mon frère a fais la même chose, il a laissé toutes ses richesses pour s’installer dans la ville, il travaille de temps en temps comme maçon mais dans la majorité du temps il chôme. Il n’y a pas beaucoup de choses à faire en ville. La ville est pour les citadins et non pour les cultivateurs comme nous. Il y a beaucoup de différences entre nous et les citadins dans presque tous les niveaux, dans les habitudes à table, dans les relations quotidiennes ils sont moins chaleureux que nous. Mais ce qui est frappant c’est qu’ils adoptent des habitudes européennes ils se croient comme eux, mais en réalité ce sont es marocains comme nous. Il y a aussi des gens qui ne parlent que du français.

 Monsieur Mohamed ElFatni est très attaché à sa culture villageoise et il approuve lui ainsi que d’autres habitants de son douar qu’il y a de grandes différences culturelles entre les citadins et les villageois.         

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Abdelkahhar ELHAJJARI 27/02/2007 01:26

Cher Maryam
Cést formidable tous ce que tu publie.
Je te souhaite un grand succès dans le monde de la création
Bon courage
Abdelkahhar ELHAJJARI

jiji 05/12/2006 23:42

Je trouve votre blog assez interessant dans la mesure ou il traite dans ses premiers articles de sujets vécus au quotidien.Il est interessant d'éveiller la conscience des gens,de soulever des problèmes d'environnement mais je détecte une certaine naiveté et une frilosité dans l'approche du sujet ou alors dans les conclusions.EN BREF LA CONCLUSION RESSEMBLE TOUJOURS AU TITRE DU SUJET.
Ce n'est pas une critique péjorative mais je donne seulement mon impression.Et le mérite n'est pas du tout amoindri.BRAVO

maryamchawki 06/12/2006 00:02

Merci pour le commentaireCet article rentre dans le carde d'un exercice donné par notre prof à la faculté sur les différences culturelle.